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Sortie au Louvre avec les latinistes

mardi 17 juin 2008

Les élèves latinistes de 4ème (1, 3 et 5) et de 3ème 3 ont eu l’occasion de découvrir ou de redécouvrir au Louvre les peintures et sculptures illustrant les mythes antiques : les sujets sont multiples, de la guerre de Troie aux travaux d’Hercule, des personnages au destin tragique aux récits légendaires sur la naissance de Rome...

Voici le parcours effectué par le groupe dans les galeries du musée...

  • Pour une première approche, les élèves ont eu l’occasion de voir les sculptures italiennes à l’entresol de l’aile Denon. C’est ainsi par exemple qu’ils découvrent la fameuse sculpture de CANOVA, Amour et Psyché : Cupidon réveille sa bien aimée par un baiser...

  •  A l’étage, on est frappé par les dimensions des tableaux français du XIXème siècle ; il s’agit des peintures monumentales appartenant au néo-classicisme, telles le tableau de DAVID intitulé Le Serment des Horaces, support idéal pour étudier la composition avec les élèves : lignes obliques tendues, porteuses d’agressivité ou de détermination pour ces trois frères prêts à combattre les Curiaces, et inversement lignes courbes et molles exprimant la douceur, la résignation ou la faiblesse pour ces femmes qui ne peuvent qu’attendre l’inéluctable :

 

 

D’autres thèmes sont encore abordés : la guerre de Troie et ses personnages qui ont eu un écho dans la littérature française, telle Andromaque, l’héroïne de Racine, le mythe des Atrides à travers Clytemnestre prête à assassiner son époux (Certes il a sacrifié leur fille Iphigénie pour partir à la guerre... )

 

 


 

  • De la nudité érotique à la nudité héroïque

Ce qui frappe évidemment les élèves, c’est la nudité de certains personnages, même lorsqu’ils sont au combat (pensons à L’Enlèvement des Sabines du même David...). Mais pourquoi donc ces héros sont-ils ainsi représentés ?

 De fait, l’Antiquité a particulièrement inspiré les peintres dans la première moitié du XVIIIème siècle (découverte de Pompéi en 1748), d’abord pour représenter des sujets légers comme les amours des dieux ou des héros ; on insistait alors sur la beauté des corps et il était admis de voir ces corps nus.

Et puis à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle, plusieurs peintres cherchent à réhabiliter la peinture "sérieuse" inspirée par l’Antiquité, c’est-à-dire les sujets historiques qui mettent en scène des héros : il faut affirmer désormais de nouvelles valeurs comme la raison, la vertu, le dévouement et le courage. La peinture fournit alors des modèles de conduite à suivre, c’est ainsi que Brutus préfère la raison d’Etat aux sentiments et qu’il est prêt à faire condamner à mort ses fils qui ont trahi la République...

 

En effet, le néo-classicisme repose sur la recherche du "beau idéal" tel que l’avait montré l’Antiquité : l’artiste peut s’approcher de cette beauté idéale en représentant le corps humain dans la simplicité de sa nudité et dans une attitude calme et digne ; parce que les héros étaient représentés nus, on parlera de la "nudité héroïque". L’artiste se doit donc de rendre intemporelles les émotions et les sensations représentées, car l’art mérite l’éternité : il peint la douleur et non une douleur particulière. Les personnages dépassent ainsi la dimension humaine, ils sont des héros représentant la conduite humaine idéale.

 


 

 

  • Pour finir la visite, nous nous dirigeons vers l’aile Richelieu, dans les cours Marly et Puget, qui offrent un éclairage naturel très agréable grâce à leurs verrières ; ces cours regroupent, sur la terrasse inférieure, des sculptures du siècle de Louis IV destinées au plein-air.

Ici encore, nous retrouvons des personnages familiers : Persée libérant la belle Andromède de ses chaînes alors qu’elle doit être jetée en pâture à un monstre marin envoyé évidemment par Poséidon... Observez au passage l’affreuse tête de Méduse hérissée de serpents aux pieds du héros intrépide :

 

 

Nous poursuivons la visite en rencontrant entre autres personnages Eurydice piquée par un serpent, Spartacus se libérant de ses chaînes, Enée portant son père Anchise sur les épaules...

Les élèves sont particulièrement frappés par une sculpture représentant Milon de Crotone : ce célèbre athlète, vainqueur à 13 reprises aux jeux olympiques et pythiques, voulant vérifier en son vieil âge qu’il a toujours de la force, introduit ses doigts dans les cavités d’un tronc qui s’ouvrait en son milieu en de larges fentes ; il arrive à déchirer le tronc, mais l’arbre se rétracte ; Milon n’a pas le temps d’ôter ses mains ; prisonnier de l’arbre, seul dans une forêt. Il finira dévoré par le loups, que le sculpteur remplace par un lion...

 

  • A la fin de la visite, les élèves rendent un questionnaire retraçant le parcours de la visite, et un petit schéma personnel, représentant les lignes de force d’une oeuvre qui leur a particulièrement plu, certains ayant plus d’inspiration que d’autres...

Oserais-je mettre le "travail" proposé par Jules pour représenter la ville incendiée dans laquelle les Grecs ont réussi à pénétrer grâce au fameux cheval ?

 

 Quelques photos des élèves en pleine réflexion : Benjamin essaie de lire une notice en japonais, pause discrète dans la cour Puget... Ce sont toujours les mêmes qui se font remarquer

   

 

  Enfin, des photos prises à l’extérieur devant la pyramide du Louvre :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Voir en ligne : Site du Musée du Louvre